17 septembre 2009

Nettoyage de la Jungle : un coup de communication

Par Philippe BLET

Retrouvez tout d’abord mon interview sur RMC Info ce matin, interrogé par Jean-Jacques Bourdin


vous trouverez ci-dessous le communiqué envoyé à la presse de jour


Le démantèlement de la Jungle, voici tout juste 6 mois, n’a abouti qu’à la déplacer de
500 mètres.


Cette fois encore l’annonce tonitruante du Ministre de l’Immigration, de
l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire ne servira que sa communication.


De nouveau, il s’attaque aux conséquences et non aux causes. Il oublie le drame humain
que symbolise ce campement.


Détruire la jungle revient à vouloir cacher un problème en espérant qu’il disparaisse.
Benjamin Franklin disait « l’aberration c’est de refaire sans cesse la même chose tout en espérant un résultat différent. »


Le ministre pourra détruire autant de fois la jungle qu’il le souhaite, il ne réglera
pas le problème des migrants. Il ne fera que le déplacer de quelques mètres. Un tour de passe-passe qui signe l’échec de la politique de son ministère.


Le monde a franchi en 2009 le cap « historique » du milliard de personnes
sous-alimentées, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Combattre, par la coopération, la misère serait sans aucun doute plus efficace. Ces hommes,
ces femmes, ces enfants fuient la guerre, la terreur et la famine.


Aujourd’hui, nous vivons à Calais et dans le Calaisis une situation humaine et
sanitaire difficile. Les calaisiens font preuve d’une exemplaire et remarquable tolérance. Les associations locales soutiennent les migrants autant que possible. Pour autant, la situation qui
dure depuis plus de dix ans ne peut continuer à s’éterniser.


Il faut revenir sur les accords du Touquet, signés à l’époque par Nicolas Sarkozy,
Ministre de l’Intérieur, qui déplacent la frontière anglaise de Douvres à Calais. A nous donc de régler l’immigration britannique ! Drôle de conception de la
coopération.


Il est nécessaire que cette question soit traitée au niveau européen. Il est
indispensable qu’une politique globale, négociée, acceptée par tous les pays de l’union soit mise en œuvre. Il n’y a pas d’autre alternative.