2 août 2009

DEVOIRS DE VACANCES

Par Philippe BLET

Après une année passionnante tant à la présidence de la Communauté d’agglomération qu’en tant que premier adjoint au
maire de Calais, je vais prendre quelques jours de repos avec mon épouse et mes enfants.

Pour autant, un élu n’est jamais tout à fait en vacances. C’est souvent un moment propice à la
réflexion et notamment sur les dossiers importants de la rentrée, une opportunité pour prendre le recul né
cessaire et approfondir sa vision du territoire à moyen et long terme.

Le premier sujet sera la préparation du territoire pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012. Avec les
manifestations du centenaire de la traversée de la Manche par Louis Blériot, nous avons démontré notre capacité de mobilisation, notre volonté de devenir les champions olympiques de l’accueil. Je
profite de l’occasion pour exprimer de nouveau mes félicitations à tous les partenaires qui se sont rassemblés pour que ce grand week-end festif et populaire soit une véritable
réussite.

L’élaboration du projet de territoire sera aussi un dossier important. Il sera la vision partagée de toutes les
communes de l’agglomération de ce que doit être le développement du Calaisis. C’est inédit. C’est une première. Nous avancerons enfin d’un même pas. Le SCOT et le schéma de secteur, qui sont
également en cours de création, nous aideront dans ce tra


vail. En corollaire, il me semble important de se poser la question du périmètre des intercommunalités du Calaisis. Un territoire se vit dans la complémentarité et le rassemblement et non dans l’éparpillement.

Dans la même logique un Plan Local de l’Habitat permettra une vraie cohérence dans la répartition des logements.
C’est dans ce travail prospectif et de définition des enjeux et des politiques à venir que les quartiers, en manque d’identité, trouveront les réponses quant à leur devenir. Je pense au quartier
du Beau Marais par exemple.

Ces politiques, ces décisions doivent s’ancrer dans une démarche du développement durable. Le Grenelle de
l’environnement a fixé des objectifs aux responsables que nous sommes. L’exposition actuelle de Yann Arthus Bertrand nous montre la nécessité d’une action immédiate. Il faut donc pour agir
efficacement bien définir les rôles et les compétences de chaque partenaire dans ce domaine.

En assistant aux restitutions des projets « Tribunal virtuel » et « Liberté, Égalité et
Fraternité » qui ont été mis en place par le CISPD, Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, dans le cadre d’actions de prévention en milieu scolaire, j’ai été
davantage convaincu de son rôle d’acteur central dans l’éducation à la citoyenneté. Le CISPD agit dès l’école, auprès d’un public jeune et adolescent.

Dans le même esprit, il est important de retravailler sur nos relations avec les Centres Sociaux dans le cadre de la
politique de la Ville de l’agglomération.

Agir tous ensemble, en concertation, en complémentarité pour un objectif identique, voila la seule vraie condition de
l’efficacité et de la réussite.

Enfin, concernant la situation sanitaire des migrants, je le dis clairement, il est plus que temps de mettre fin
au bras de fer engagé entre le maire de Calais et le secours Catholique. Cette association caritative n’a pas voulu entendre la proposition municipale qui était de ne pas laisser s’installer des
antennes de soins dans les quartiers sans concertation avec les élus et avec la population. En refusant de tenir leur engagement, ses dirigeants prennent le risque de bousculer un équilibre
social fragile. Les calaisiens se sont toujours montrés tolérants et compatissants avec les réfugiés. En n’écoutant pas les habitants, le secours catholique peut mettre le feu aux
poudres.

Quoi qu’il en soit, les douches pour les migrants sont l’une des urgences sanitaires auxquelles nous devons répondre.
Il est inutile d’ajouter la souffrance à leur misère, la maladie à leur désespoir. Le préfet parle de réquisition, en ce qui concerne l’agglomération Cap Calaisis, ce ne sera pas nécessaire, les
terrains pour les douches sont disponibles et n’attendent plus que les bungalows.

Restera de toute façon le problème global des migrants et de leur devenir.

Tels sont, en quelque sorte, mes devoirs de vacances.