9 septembre 2008

La soupe serait-elle meilleur à Calais qu’ailleurs ?

Par Philippe BLET

Le 4 septembre dernier, la Coordination française pour le droit d’Asile (C.F.D.A) a publié un rapport
sous le titre évocateur « La loi des jungles ». Il concerne la situation des migrants qui
souhaite se rendre en
Grande-bretagne. Il indique clairement, comme bon nombre d’entre nous, que la fermeture du Centre de la Croix Rouge à sangatte n’a absolument pas réglée les conditions difficiles des
migrants.

Je vous laisse à la lecture du communiqué de presse du C.F.D.A.



« La Coordination française pour le droit d’asile déplore la situation des « exilés
» dans le Nord-Ouest de la France

C’est pour tenter d’ouvrir les yeux des responsables politiques sur la réalité de la situation préoccupante des « exilés »
le long du littoral français de la Manche et de la Mer du Nord que la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA)* a décidé de mener une enquête de mai à juillet 2008. Intitulé La loi des
« jungles », le rapport issu de cette enquête est rendu public ce jour peu avant la Conférence ministérielle sur le droit d’asile qui se tiendra à Paris, les 8 et 9 septembre prochains, dans le
cadre de la présidence française de l’Union européenne.

Contrairement à l’annonce de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, la fermeture du camp de Sangatte à Calais est
loin d’avoir réglé le problème des « exilés » en transit dans le Nord-Ouest de la France. Dans un contexte général de durcissement des contrôles aux frontières, on a, en effet, assisté à la
multiplication des campements informels sur l’ensemble des régions littorales de la Manche et de la Mer du Nord.

Cette dispersion des « exilés » rend le phénomène moins visible et permet à l’Etat français d’affirmer, contre toute
évidence, que le problème est beaucoup moins important depuis cette fermeture. Tant que l’existence de ces étrangers restera niée ou masquée, les responsables politiques continueront à se
dispenser d’identifier les causes de leur venue, de leur errance, de leur précarité et à s’exonérer de toute recherche de solution.

Afin de faire un état des lieux de la situation des « exilés » et des réseaux d’acteurs en présence, la CFDA a organisé
douze missions dans les agglomérations de Roscoff, Saint-Malo, Cherbourg, Caen, Dieppe, Calais, Dunkerque, Norrent-Fontes et Paris. Les objectifs de la CFDA sont clairs : interpeller les
autorités sur les pratiques incohérentes et les carences de l’administration française dans la région concernée et porter ses revendications aux niveaux national et européen.

Dans le rapport, une attention particulière a été accordée à la place de l’asile, notamment à travers l’analyse des effets
pervers du règlement Dublin qui fait basculer nombre d’exilés dans une errance sans fin à l’intérieur de l’Union européenne.

Au vu des informations recueillies auprès des exilés, des associations travaillant localement et des services
administratifs, la CFDA a relevé dix-neuf priorités sous forme de recommandations, concernant le respect du droit d’asile, les conditions d’accueil, la protection des personnes vulnérables, les
violences et harcèlements policiers et les droits des personnes maintenues en rétention administrative. »

Vous pouvez également télécharger ce rapport ICI