10 mai 2011

Le 10 mai 1981

Par Philippe BLET

http://2.bp.blogspot.com/_GWL3LyNaQGw/S9oO_9zi_CI/AAAAAAAALfo/GHgTLmtkzyk/s400/10mai812.jpgCe 10 mai 2011, nous fêtons le trentième anniversaire de l’élection de
François Mitterrand à la présidence de la république. Cet anniversaire ne peut me laisser indifférent pour plusieurs raisons.

D’abord, mais plutôt pour l’anecdote, j’ai voté pour la première fois en 1981, lors du scrutin présidentiel. Mon tout
premier suffrage s’est porté sur François Mitterrand. Un choix d’espoir et de conviction qui s’est concrétisé dans la victoire.

Ensuite, il s’agit de souligner des motifs plus politiques. J’en vois trois principaux.

Le premier est incontestablement l’abolition de la peine de mort. Malgré une opinion publique majoritairement contre,
François Mitterrand a dit clairement ses intentions au moment de la campagne électorale et a tenu sa promesse.

Le second est le formidable souffle qu’il a apporté à la construction d’une Europe politique et sociale. Cette
conviction n’était pas nouvelle puisqu’en 1951, il déclarait déjà lors d’un discours à Marseille : « 
Socialisme moderne :
oui ; libéralisme politique : oui. Mais rien de tout cela ne sera valable, mes chers camarades, sans l’Europe. Il n’y a pas de réalisation possible dans l’étendue de notre pays, et nous
échouerions dans notre tâche si nous essayions de bâtir un socialisme français. Il n’y a plus pour nous aucune possibilité de modernisation technique dans le cadre de nos frontières. Rien n’est
possible, et surtout pas la paix, si la France n’est pas, chaque jour davantage, le premier agent de l’Europe. »

Troisièmement, il a su rassembler
la Gauche et en faire une Gauche capable de conquérir et de conserver durablement le pouvoir au service de la transformation sociale.

http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/201001/77813_dsk_img.jpgEnfin, cet anniversaire est pour moi marquant parce que François Mitterrand a été l’un des
grands promoteurs français de la social-démocratie et d’assurer « la jonction entre la volonté de justice et le désir de liberté » comme il le dira lui-même dans « La revue
Socialiste » de Février-Mars 1981.

La social-démocratie est aujourd’hui une chance pour la France, pour lui permettre de retrouver l’élan politique,
économique et social dont elle a besoin. Aujourd’hui, Dominique Strauss Khan est celui qui représente le mieux cette volonté.

Une dernière citation de F. Mitterrand me servira de conclusion. Elle est importante si l’on veut juger de l’action
d’un responsable politique quel qu’il soit :
« L’homme politique
s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son œuvre d’action
. » (Extrait de l’avant-propos de Mémoire à deux voix).