11 mars 2011

Il faut dépasser le possible mais ne pas promettre l’impossible 

Par Philippe BLET

Depuis quelque jours, le bruit médiatique autour du sinistre pronostic annonçant le leader du FN en tête des sondages au premier tour
de la présidentielle de 2012 est assourdissant.

Dans ce brouhaha, je relève l’interview de Robert Badinter. Son analyse est très intéressante : « Ce sondage a une
double valeur. Il est un avertissement terrible pour la droite – je pense au colloque que certains veulent organiser, car tout ce qu’ils font dans ce domaine profitera en définitive à Mme Le
Pen.
Et il est un avertissement pour la Gauche.Car, rappelons-nous, c’est la division de la Gauche qui
a entraîné la présence de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle (…). A la gauche de mesurer que les divisions, l’éclatement des candidatures, et je ne parle pas seulement du Parti
socialiste, c’est autant d’avantages pour Mme Le Pen. Et l’on en connaît les fruits amers…
 »

Bon nombre de français sont déçus de la politique et des politiques. Ils se refugient dans l’abstentionnisme ou le vote extrême. La
multiplication des candidatures, et notamment à gauche, ne peut que renforcer ce sentiment.

ph6.gifLa
Gauche a la responsabilité de proposer un projet social-démocrate et européen crédible. Elle doit pour cela passer de l’idéalisme au réalisme. Dominique Strauss Khan le rappelait récemment :
« Qu’est ce qu’un homme de Gauche ? Un homme de Gauche, ce n’est pas de nier la réalité. Il faut dépasser le possible mais ne pas promettre
l’impossible ».

Tentons de répondre aux questions des français. Cette réponse est d’abord économique et sociale. Elle est de permettre
à chacun d’avoir un travail et un logement digne dans un cadre de vie agréable.

En tant qu’élu local, je le vois bien. Les habitants n’attendent pas de miracles mais simplement un langage de vérité. C’est pourquoi
je reprends à mon compte la maxime popularisée par Lionel Jospin « Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis« 

http://www.observatoiredessubventions.com/wp-content/uploads/2010/09/gerard-collomb-lyon-association-subvention.jpgDSK donnait aussi une définition très intéressante du socialisme :  » le socialisme, c’est l’espoir, l’avenir, l’innovation ».
Pour sa part, Gérard Collomb le rappelait récemment dans une interview :  » la question centrale est celle de la production dans l’innovation car c’est elle qui permet ensuite la
redistribution
. »

Je ne peux que souscrire à ce principe. Depuis 3 ans, j’ai proposé la création d’un fond d’innovation à la Communauté d’Agglomération
Cap Calaisis pour accompagner les entreprises industrielles locales dans leur développement. Je pars du principe qu’une entreprise qui n’innove pas, tant dans ses process que dans de
nouveaux produits est condamnée à court ou moyen terme.

Et même si ce parallèle entre le politique et l’économique peut paraître décalé, je crois que la recette est la même dans les deux cas.
Le socialisme ne survivra que s’il sait être innovant.