12 novembre 2008

Des enfants sans mémoire

Par Philippe BLET

Honorer la mémoire de ceux qui ont combattu pour défendre les valeurs de la république, rendre hommage à toutes les
victimes  des guerres, tels sont les objectifs des cérémonies commémoratives. Elles sont aussi des moments privilégiés de transmission de la mémoire aux jeunes générations. Transmettre le
souvenir est un devoir au risque de voir l’histoire balbutier, se répéter et retomber dans des abîmes sanglants.



Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les pays comprendront qu’une paix
durable ne pouvait exister que par la construction d’un avenir commun, d’un développement partagé, d’une ouverture des peuples aux autres peuples.
 

Une volonté qui se concrétisa d’abord en 1951 par la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, SECA, puis en 1957
par la signature des traités de Rome Instituant la CEE, la Communauté Economique Européenne. En 1993 le traité sur l’Union Européenne entre en vigueur.
 

Dans la force du pardon, la construction européenne nous a apporté paix et stabilité. Il n’empêche que nous devons nous
considérer comme des témoins, des porteurs de mémoire. C’est ce qui rend incompréhensible la proposition de limiter à trois les journées de commémorations.

D’abord, comment choisir ? Ne plus se souvenir des victimes de la déportation, de l’esclavage, de la guerre d’Algérie… Une concurrence mémorielle qui me semble malsaine et source de tensions
inutiles. Ensuite, doit-on y voir une volonté de s’attaquer, petit à petit, aux jours chômés ? Toujours le fameux travailler plus de Nicolas Sarkozy… pour gagner moins. Enfin, il me parait
bien dangereux de vouloir laisser nos enfants sans mémoire. C’est un risque que nous avons l’obligation de rejeter.