3 novembre 2008

Une nouvelle gouvernance mondiale

Par Philippe BLET

Interview de Dominique Strauss-kahn publié
le vendredi 31 octobre 2008

Dominique Strauss-Kahn : « Je proposerai au G20 un plan de nouvelle gouvernance mondiale »

Blanchi par son conseil d’administration de l’accusation d’abus de
pouvoir dans le cadre de sa liaison avec une de ses subordonnées, Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), rebondit. Il a retrouvé le dynamisme qui lui avait
permis, depuis un an, de commencer à réformer la représentativité et les finances du Fonds.

Quand finira la descente aux enfers des Bourses mondiales ?

L’extrême volatilité des marches montre que la crise financière continue à produire ses effets. J’ai bon espoir que cette
volatilité se calme parce que les plans financiers américain et européen sont solides ; il leur faut juste un peu de temps pour donner leur pleine mesure.

Je suis plus préoccupé, en revanche, par le ralentissement de l’économie mondiale et ses conséquences sociales. C’est
pourquoi le FMI ne peut pas se contenter d’être le pompier qui aide les pays à redresser leurs balances de paiement, il revendique le rôle du maçon qui aide à reconstruire la croissance. En 2009,
nous prévoyons une croissance mondiale de 3 %, soit 0 % pour les économies avancées et de 6 % à 7 % pour les pays émergents. Dès le mois de février, j’ai d’ailleurs conseillé à ceux d’entre eux
qui le pouvaient de prévoir un soutien budgétaire conjoncturel.

Vous avez été longtemps silencieux. Pourquoi n’est-ce pas vous qui avez élaboré le plan Brown qui a servi de modèle
aux autres plans de sauvetage ?

Mais vous ne savez pas tout et c’est normal ! Quand une crise bancaire se déclenche à l’intérieur d’un pays, le FMI n’a
pas de rôle direct, mais prodigue des conseils aux gouvernements. Munis de l’analyse unique de 122 crises passées, nous avons martelé deux recommandations. D’abord, en finir avec le cas par cas
et mettre au point un plan global ; ensuite, recapitaliser les banques, parce qu’injecter de liquidités ne peut suffire. Jusqu’à la mi-septembre, l’efficacité commandait la discrétion. Depuis,
ayant été entendus, nous avons pu parler publiquement.

Que pensez-vous de la proposition de Gordon Brown de faire du FMI une banque centrale mondiale dotée de moyens
financiers renforcés ?

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