20 novembre 2010

De Gaulle, La Résistance, Vendroux dans le Nord de la France

Par Philippe BLET

Quelques-images-4-1797.JPGRetrouvez ci-dessous mon intervention lors du Colloque «  »De Gaulle, La Résistance, Vendroux dans le
Nord de la France »

 

La richesse historique d’un territoire est un élément important de son attractivité. L’histoire attise la curiosité. Elle suscite un intérêt. Elle crée une
proximité.

Le Calaisis est riche dans ce domaine. Avec huit colloques à son actif, l’association des Amis du Vieux Calais participe activement à ce travail de mémoire
collective. A chacune de vos communications vous complétez notre mémoire. A chacun de vos colloques vous faites renaitre ce qui nous rassemble.

Vos recherches redonnent un peu plus de sens à notre territoire. Vous rassemblez des pans épars de son histoire. Vous redonnez une cohérence aux grands événements
qui l’ont marqué. C’est l’histoire commune à tous les habitants que vous faites renaitre. Un territoire se raconte aussi à travers ses personnages historiques. Leurs noms s’attachent au
territoire.

Le nom de Charles De Gaulle résonne partout en France et dans le monde mais encore plus dans le Calaisis puisque son épouse Yvonne Vendroux, « tante
Yvonne » comme l’appellent affectueusement les français, est née à Calais. Un personnage public et une histoire personnelle qui s’accommodent mal de récupération malvenue. Charles De Gaulle
était un homme libre. D’ailleurs il avait l’habitude d’appeler « Zigotos » certains de ceux qui s’improvisaient ou se nommaient gaullistes. Mais la plus grande part de sa vie se confond
avec l’histoire de France. Nous n’aurons jamais fini d’évaluer son impact sur le cours des évènements.

Si l’on évoque la résistance, il a fait œuvre utile pour son unification avec l’aide de Jean Moulin. La résistance, la guerre secrète d’une armée sans nom qui puise
dans les ressorts intimes des femmes et des hommes.

Quelques-images-4-7638.JPGCe ressort qui donne la capacité de s’indigner, le courage de se révolter, l’abnégation nécessaire à l’action quel qu’en soit le prix. La résistance a révélé le meilleur et parfois
fait surgir le pire.

Pour ce colloque, j’ai eu l’occasion de relire le programme du Conseil National de la Résistance adopté le 15 mars 1944. Je souhaite partager avec quelques
passages.

Je cite : «  Dans le programme du CNR, on peut noter:

  • châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se
    seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration

  • la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances
    d’argent et des influences étrangères

  • l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de
    l’économie

  • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies
    d’assurances et des grandes banques

  • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par
    le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État Quelques-images-4-7659.JPG

Le programme du Conseil national de la Résistance est très empreint de rénovation sociale et de l’influence des groupes communistes comme le Front populaire dans la
partie II « Mesures à appliquer dès la Libération du territoire », qui vise à instaurer une vraie « démocratie sociale », sous un régime d’économie planifiée.

Parmi les mesures envisagées et appliquées à la Libération, citons la nationalisation de l’énergie, des assurances et des banques, la création de la Sécurité
sociale… Ces actions ont constitué jusqu’à aujourd’hui une grande partie des acquis sociaux de la seconde partie du XXe siècle.

  • En 1944 (dès la libération) :

    • Profit illicite (contre les paradis fiscaux),

    • Emprunt de libération. 

    • Retraite par répartition.

  • En 1945 :

    • Création des Comités d’entreprise,

    • Création de la Sécurité sociale,

    • Nationalisation des crédits,

  • En 1946 :

    • Semaine de 40 heures,

    • Nationalisation du gaz et de l’électricité,

    • Augmentation de +18 % des salaires.

  • En 1947 :

    • Création du SMIG,

    • Prélèvement exceptionnel des hauts revenus.

Aujourd’hui, le verbe « résister » se conjugue encore au présent. Il s’accorde avec les luttes sociales et contre les tentatives de retour en arrière. Il
s’accorde avec le refus d’une société désolidarisée, déshumanisée, qui cherche des boucs émissaires, qui rejette l’autre sans comprendre qui il est.

Il s’accorde avec la vigilance qu’il faut maintenir au plus haut niveau contre les attaques que subit la laïcité.

J’espère qu’un grand nombre sera intéressé à vos travaux, ils le méritent.

Ce sera donc un vrai plaisir, mais cela l’est déjà pour moi, d’être présent avec vous.