17 février 2009

Plan social à SeaFrance

Par Philippe BLET

Je veux en tout
premier lieu exprimer ma solidarité aux salariés qui se trouvent si brutalement touchés ainsi qu’à leur famille. C’est un drame humain pour chacun d’entre eux. C’est aussi un coup porté au
développement économique et touristique du Calaisis.

Cette situation fait naitre plusieurs interrogations et tout d’abord sur la gestion de la société SeaFrance. En
effet, le surcoût de l’achat du Molière et son mode de financement ne peuvent que nous laisser dubitatifs. Dans le premier port de France, passer d’une situation largement bénéficiaire en 2007 à
une quasi situation de cessation de paiement en un an à peine est pour le moins surprenant. D’autant que des compagnies sont en train de s’installer sur le même créneau que Seafrance dans un port
voisin.

On peut d’ailleurs s’étonner de la cohérence des investissements portuaires régionaux qui ont été réalisés sur le
littoral. Je pense en particulier à celui qui vient d’être réalisé à Boulogne sur Mer et qui concurrence le trafic voyageur à Calais. Dans un contexte particulièrement difficile et fragile et
alors que la compagnie Speed Ferry venait de jeter l’éponge en laissant une dette importante au port de Boulogne, la décision est pour le moins incompréhensible.

J’ose espérer que la principale compagnie française sur le Détroit rattrapera les parts de marché qu’elle a perdues,
mais il faut une bonne dose de « schizophrénie économique » pour comprendre la stratégie économique et commerciale de la SNCF qui, sur le Calaisis, se fait concurrence à elle-même. D’un
côté une convention lui donne accès à une part importante du trafic d’Eurotunnel en exploitation voyageurs et Fret, et de l’autre elle est l’actionnaire principal de Seafrance, c’est-à-dire son
concurrent direct.

Je note
par ailleurs le mépris dont fait preuve la SNCF à l’égard du Calaisis dont le Thalys et l’Eurostar évitent soigneusement la gare de Calais Fréthun à quelques dessertes près.

Cela dit, plus de 600 salariés risquent de se retrouver sans emploi. C’est un coup de plus porté au Calaisis. Il faut
imaginer des actions concrètes.

Je demande au président de la maison de l’emploi et de la formation du Calaisis de mandater un responsable de haut
niveau afin que soit mise en place dans les plus brefs délais une conférence de l’emploi du territoire qui devra réunir tous les partenaires, proposer un plan d’actions et des solutions
aux salariés touchés par des plans sociaux. Tout le monde doit s’impliquer. L’entreprise SeaFrance, aura je l’espère à cœur d’y apporter une importante contribution.

D’autre part, je propose que le siège social de SeaFrance vienne à Calais. Il y a des bâtiments disponibles. Cela
permettrait des économies de gestion et des embauches. Il n’est pas anormal de vouloir que le siège social d’une société soit là où s’exerce son activité et non à Paris où elle n’a rien à y
gagner et où les loyers sont prohibitifs. Je suis prêt à proposer des locaux même à prix modique, voire à l’euro symbolique, afin que cela se fasse rapidement.