18 novembre 2009

Au congrès des maires, «on en a marre des réformes arbitraires»

Par Philippe BLET

Réunis à Paris pour leur congrès annuel, les élus sont vent debout contre la réforme territoriale de
Sarkozy. Et n’apprécient pas que le chef de l’Etat ait envoyé Fillon au charbon à sa place.

Salon grognon. Le paquet territorial du gouvernement – réforme des collectivités locales, changement du mode de scrutin,
suppression partielle de la taxe professionnelle – pèse lourdement sur le congrès annuel de l’association des maires de France qui s’est ouvert ce mardi. «Grand n’importe quoi»,
«profond ras-le-bol», «manque de reconnaissance de la part de l’Etat», et même des collectivités «vues comme des vilains petits canards», etc.

Des états d’âme plein les allées du Parc des expositions de la Porte de Versailles (Paris) qui laissaient augurer de la
fraîcheur de l’accueil qui, de fait, a été réservé en fin d’après-midi au Premier ministre, François Fillon.

Dès l’entrée, la banderole donne le ton: «2000 élus pour le retrait des projets de loi de réforme territoriale.» «Le
retrait et rien d’autre
», campent des militants de gauche «toutes tendances», qui baladent leur pétition devant les halls et avaient recueilli, en milieu de
matiné
Ce mardi Porte de Versailles à Paris.e, 700
signatures. Préoccupé, entre autres, par la «décision de l’Etat d’aller au bout de la carte intercommunale d’ici à 2014» – Jean-Claude Denis, militant du parti ouvrier
indépendant (POI), y voit un sérieux croche-pied à l’échelon communal: «Si on transfère nos compétences et nos moyens financiers il ne restera plus à la commune que sa pancarte et au maire
son écharpe.
»

Dans le détail, la réforme de la taxe professionnelle fait partie des préoccupations les plus largement partagées. Finie,
«la libre administration des communes», redoute Jean-Claude Denis: «En levant l’impôt, la commune a une autonomie. On veut transformer ce pouvoir de décision par une subvention
d’Etat.
»

Lire la suite —>>>