30 juin 2009

No Border, et après ?

Par Philippe BLET

Au lendemain du Week-end de manifestions et d’une semaine sous tension, je souhaite faire un constat et
soulever les questions que posent les événements que nous venons de vivre.

Un constat d’abord, suite à une rencontre, dès le 13 mai dernier, avec les représentants locaux du mouvement No Border, j’ai indiqué
le fait que le Calaisis subit une politique de
l’immigration et que la protestation doit s’exprimer à une autre échelle. En effet, ce n’est pas au niveau local que la gestion des flux migratoires se
décide mais bien à l’échelle nationale et européenne. Le Calaisis ne fait que gérer les conséquences et les drames humains.

Aujourd’hui après une semaine de crispation et d’anxiété ; une fois les forces de l’ordre et les militants No Border partis, restent les calaisiens et les migrants dans une situation identique. Les conditions humanitaires des uns sont toujours aussi déplorables, la patience et la solidarité des autres sont toujours mises à l’épreuve. 

Un constat qui renforce et donne raison à ma position de départ. Cette dernière semaine a été tout ce que l’on veut sauf
efficace.  A-t-on véritablement  évoquer la situation des flux migratoires et ces drames humains ? 

Quelques questions maintenant : qui
s’est servi de qui
 ? Qui est responsable de toute cette tension ? La présence policière était-elle trop forte ?
Fallait-il annuler les manifestations
 ? les autorités en ont-elles trop
fait
 

Dans une situation semblable, chacun se trouve face à ses responsabilités. Chacun est conscient de ses obligations. D’autres jouent leur partition et se focalisent sur leurs
motivations. 

Les élus locaux ont un devoir de responsabilité. Ils doivent faire que les événements se déroulent au mieux pour la population. Les autorités ont à appliquer le principe de précaution. Ne pas en faire assez ne serait pas
compris.
Encore peut-on le faire avec  plus de discrétion. Les militants No Border ont à faire parler d’eux
autant que possible.

Ainsi, plus la tension monte, plus les précautions sont importantes. Plus le nombre de manifestants annoncés est conséquent plus le dispositif s’intensifie. Plus la polémique enfle sur les moyens déployés, plus la visibilité du camp No border s’accroit.

Une spirale s’enclenche et les uns comme les autres ne veulent pas reculer pour ne pas laisser l’impression d’une
défaite

Il faut être assez lucide pour dire qu’il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. Qu’il y a des hommes, des femmes et des enfants
que le désespoir a poussés sur les routes de l’exil. Qu’il y a des populations locales qui doivent faire contre mauvaise fortune bon cœur que se soit à Calais, à Gibraltar ou à
Chypre.

Qu’il n‘y a pas de solutions miracles locales. Qu’il ne peut y avoir d’espoir dans des manifestations sporadiques, par
des militants aussi vite partis qu’ils sont venus ou par un déploiement de force aussi impressionnant soit-il.  

La solution est essentiellement politique. Elle doit être d’initiative nationale. Elle doit s’appliquer au niveau
européen. 

Pour finir, je tiens à souligner la grande retenue des habitants du Calaisis et des
migrants eux-mêmes.