8 février 2010

NO BORDER/BESSON , même combat : la communication

Par Philippe BLET
L’initiative malheureuse qui a conduit à l’évacuation d’un hangar à Calais apporte de la tension dans une situation déjà
compliquée. Elle focalise l’attention sur la Calaisis comme si la réponse aux problèmes que posent les flux migratoires s’y trouvait. Elle attire le regard sur un hangar et détourne des vraies
questions.

Alors qu’il est bien évident pour tous que cette question doit être nécessairement traitée au niveau européen. Il est indispensable qu’une politique globale, négociée, acceptée par tous les pays
de l’union soit mise en œuvre. Il n’y a pas d’autre alternative. Qu’une réponse humanitaire d’abord et juridique ensuite soit apportée à ces hommes, ces femmes et ces enfants qui n’ont
aujourd’hui d’autres solutions que de fuir la misère, la guerre et la terreur. Il faut revenir sur les accords du Touquet, signés à l’époque par Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, qui
déplacent la frontière anglaise de Douvres à Calais. A nous donc de régler l’immigration britannique ! Drôle de conception de la coopération.

En attendant, les élus ont à faire face aujourd’hui à Calais et dans le Calaisis à une situation humaine parfois difficile. Les calaisiens font preuve d’une exemplaire et remarquable tolérance.
Les associations locales soutiennent les migrants autant que possible en faisant preuve au quotidien d’un dévouement et d’un altruisme qui force l’admiration. Les autorités locales et les
associations se retrouvent au sein du « Conseil des migrants » pour élaborer ensemble les réponses à une situation que tout le monde subit. C’est ainsi qu’un lieu, adapté à la distribution des
repas aux réfugiés, a été aménagé. C’est ainsi que des douches, gérées par le Secours Catholique, sont mises à la disposition des migrants. C’est ainsi qu’un accueil de jour pour les personnes
les plus fragilisées (femmes, enfants, convalescents) ouvrira bientôt sur le Calaisis. La mobilisation de la communauté d’agglomération Cap Calaisis et de la mairie de Calais, en coordination
avec les associations humanitaires et certaines ONG, permet ces avancées non négligeables.

La radicalité d’associations en mal de notoriété et la cécité dont font preuve les pouvoirs publics nationaux et européens ne favorise pas l’émergence d’une solution équilibrée, humaine,
protectrice et juridique. Il est évident que la misère humaine est exploitée ici à des fins politiques. Les habitants en ont assez que leur ville soit mise à l’index pour permettre à quelques uns
(ministre ou activistes) d’assurer leur promotion.

Le devoir d’humanité est, certes, prioritaire. Mais il ne doit pas occulter les efforts de toute une population face à la crise qui frappe notre pays.